Mercredi 30 juillet 2008 3 30 /07 /2008 14:08

Bonjour,

Le nomadisme et les recherches qu'il induit mènent décidément à de belles rencontres. La dernière en date est de ce mois de juillet 2008 et concerne une lecture de l'ouvrage de Vicente BLASCO IBAÑEZ, auteur Républicain Espagnol qui a publié "Mare Nostrum" en 1924 depuis sa période d'exil à Menton, "goutte" de République Française engoncée entre Monaco et l'Italie.
Outre la "Mare Nostrum" classique des Romains, que nous connaissons tous, l'oeuvre aborde un bateau de bois du même nom, un vapeur sur lequel navigue le Capitaine FERRAGUT et ses hommes sur fond de début de Grande Guerre et d'affaire d'espionnage en provenance de l'ennemi Allemand qui va voir naître chez FERRAGUT une véritable passion pour une femme différente de celles qu'il a pu rencontrer jusque là.
Je vous laisse évidemment découvrir "Mare Nostrum" si le coeur vous en dit. Pour l'anecdote, je l'ai commandé en ligne et j'ai eu l'immense surprise de voir arriver un livre imprimé en 1924, jauni, avec des pages à découper comme au bon vieux temps, qui font d'un livre une belle pièce de dessert à contempler trop longtemps... Ce fut comme un message, de Vicente BLASCO IBAÑEZ, arrivé d'outre tombe.
J'ai eu la chance de le découvrir au début de l'été, à Menton où je vis avec ma famille ; je l'ai débuté courant juin sur la plage. Le soir, après mes baignades quotidiennes au retour de ce "travail ingrat et nécessaire" (comme écrivait St Exupéry), il n'y a plus sur les galets que quelques mouettes bavardes et les bouches mêlées des amoureux éperdus face à une mer devenue calme, souvent d'une teinte encre, de celle destinée aux plus belles pages de lettres.
Je suis entré dans Mare Nostrum comme on entre dans une vie : sans vouloir déranger. Vicente BLASCO IBAÑEZ m'a offert d'y découvrir le nomadisme bouillonnant qui coule dans les veines d'un  méditerranéen comme l'eau dans la mer ou sur la peau : l'iode y pénètre par les narines jusqu'aux poumons et fait vivre tout un peuple de terriens ou de marins attachés à la "Mare Nostrum" au-delà de blocs religieux parfois éclatés, de mythes fondateurs différents, de traditions variées : Arabes du Maghreb, Berbères, Turcs,  Musulmans de toutes les familles disséminées autour de la Méditerranée, Juifs Séfarades, Ashkénazes exilés, Chrétiens Espagnols, Français, Italiens et au-delà, Orthodoxes de toutes les glèbes, Juifs de Salonique ou Marranes d'Espagne, de France et d'ailleurs, Cathares exilés et adoptés, sans oublier les autres de souche aussi ; "Mare Nostrum" est un berceau commun. Elle est aussi celui des athées et des agnostiques de tous crins qui aiment sentir sa présence bienveillante.
Le bateau du Capitaine FERRAGUT, neveu du "Triton", homme brun et puissant qui a choisi la nature pour gîte, parcourt ainsi les routes maritimes entre Valence, Barcelone, Marseille, Naples, Gênes, Salonique sans oublier Brest par nécessité guerrière après la trouée de Gibraltar, mais je dois omettre quelques ports car j'écris de mémoire.
Durant ce voyage initiatique, il découvre beaucoup mais perd beaucoup aussi : peut-il en être autrement ? Il perd le plus cher à son coeur ; en Méditerranée, tout passe d'abord par le coeur et par les sens, la raison s'en accommode ensuite.
"Mare Nostrum" est une histoire d'Homme et une histoire de nomades méditerranéens aux destins mêlés par la passion.
Gâce à lui, j'en sais un peu plus sur les origines (les miennes notamment), et cela permet toujours de comprendre un peu mieux d'où on vient.
Je vous recommande évidemment ce "vieil" ouvrage qui a une résonnance particulière à plus de 80 ans de distance.
Il est, de plus, précurseur du mal qui est advenu ensuite durant la Seconde Guerre mondiale et à ce titre aussi il est troublant.
Il reste qu'à Menton, il existe un jardin dit "Fontana Rosa" qui n'est autre que le jardin "des écrivains" créé par Vicente BLASCO IBAÑEZ aux abords de sa résidence.
Je ne m'y suis jamais promené ; ce sera probablement l'objet d'une deuxième rencontre avec cet écrivain par delà le temps. Je prendrai quelques photos que je mettrai en ligne le moment venu.
Je vous souhaite une bonne fin d'été.
P.E.


     

Par Patrick ESTEVE
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Jeudi 10 avril 2008 4 10 /04 /2008 16:24

Bonjour,
Après avoir fait barrage, autant que de besoin, à la fracture numérique dans le bassin Mentonnais où je suis installé avec ma femme et nos deux enfants depuis 1996, j'ai décidé d'ouvrir une de mes activités plus intimes : l'Ecriture.
Cela tournait depuis bien des années et c'est grâce à l'aide d'un ami que j'ai trouvé le courage de gravir cette nouvelle montagne et d'écrire. Ce qui m'est venu en premier, c'est "l'Ellipse du Loup".
Pourquoi ? Parce que je suis resté hanté par une visite faite, alors que j'avais à peine seize ans, au camp de concentration du Struthof en terre d'Alsace où j'ai passé le plus clair de ma jeune enfance.
Choqué profondément par le camp encore intact à cette époque (il fut détruit en partie par les néo nazis en 1979), par les tas de cheveux, par les morceaux de câbles de matraques des Kapos,  par les valises innombrables, par les comptabilités sordides de dents en or et de savons produits, par la chambre à gaz aussi où je suis entré dans un vertige, et par le four crématoire, la monstruosité de ce que l'être humain est capable de réaliser m'est apparu en cet endroit.
J'ai dès lors fait la promesse de me battre, partout où je poserai le pied, pour qu'il soit possible de bâtir l'espoir d'une humanité meilleure.
"L'Ellipse du Loup" c'est aussi un passage de dix ans à Paris que j'aime tant.
C'est les remontées de l'enfance aussi, les incompréhensions et la mise au jour progressive de ce qu'on est finalement en mouvement permanent dès lors qu'on ne sait pas vraiment d'où on vient et qui on est. Lucide, on se trouve alors décalé en toutes circonstances du monde phénoménal.
Le nomadisme est-il un phénomène inhérent à la nature même de l'Homme ?
Je tâcherai de publier ici quelques articles sur le sujet en même temps que je travaille sur la rédaction d'un deuxième roman.
Dès à présent, vous pouvez lire la vie d'Henri WOLF dans "L'Ellipse du Loup".
Nous en reparlerons peut-être.
P.E.

Par Patrick ESTEVE
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