Samedi 26 septembre 2009 6 26 /09 /2009 23:18

Bonsoir,

Un mot après avoir vu le film de Christian CARION : l'affaire FAREWELL qui a suscité un réel intérêt jusqu'à la fin des années 80.
Hormis à saluer la performance des acteurs, et en particulier celle d'Emir KUSTURICA en charge de donner vie à Igor, Colonel du KGB en lien avec l'Occident, le film renvoie (pour ma part évidemment), à la source d'un totalitarisme déchu et à l'écho de l'oeuvre d'Hannah ARENDT (1906-1975), philosophe allemande naturalisée américaine, connue pour ses travaux sur l'activité politique, le totalitarisme et la modernité.
Hannah ARENDT a travaillé de manière profonde, rigoureuse et toujours lumineuse à mettre au jour les origines du totalitarisme et ses racines dans la chronique d'horreurs ordinaires comme dans le régime nazi où "Le procès d'Eichman à Jérusalem" notamment avance que rien n'est possible sans la validation d'un système de portée idéologique.
C'est pour cela que, dans "L'Ellipse du Loup", j'ai écris : "je n'aime pas les systèmes car ils justifient, et justifier c'est dangereux".
Vous trouverez plusieurs ouvrages d'explications de l'oeuvre d'Hannah ARENDT comme le "ARENDT" de Anne Amiel (Editions ellipses).
On plonge dans le monde Arendtien avec le film de Christian CARION qui redonne vie aux fantômes enfouis de la guerre froide comme à la restition fidèle de ce que les services de renseignements sont à de nombreux égards inhumains.
Le film présente quelques défauts, comme toute action créative, mais permet, pour qui s'y retrouve, de sentir le socle Arendtien qui a pris appui pour ses développements, sur le régime nazi d'une part et sur le régime soviétique d'autre part.
Un film à voir donc et Hannah ARENDT à relire et à redécouvrir. Vous trouverez de quoi alimenter largement votre curiosité pour entrer dans son oeuvre qui nécessite d'être au clame. 
Je vous souhaite un bon week-end,
P.E.

Par Patrick H. ESTEVE
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